Où ? : MuCEM, 1, Esplanade du J4, 13002 Marseille
Quand ? : Du 4 novembre 2015 au 29 février 2016
Combien ? : 8 €
Un lien ? : Cliquez-ici

C'est une réplique de l'agent OSS 117 extraite du film "Le Caire, nid d'espions" qui donne son nom à cette grande expo de l'hiver. Un choix judicieux et populaire qui rend compte de l'aspect universel et fantasmatique de cette invention de la fin du 18è siècle qui oriente le regard.

 

Les panoramas, ce sont ces points de vue privilégiés qui procurent le sentiment de dominer l’espace, le posséder. Issue d’une conception scientifique cette notion a été récupérée par le milieu artistique qui l’a utilisé pour la transcender. Les œuvres de Jeff Wall, Peter Greenaway, David Hockney, Vincent Van Gogh, Gustave Courbet, etc. présentées posent ainsi la question de notre rapport au paysage formaté ou non par le tourisme de masse et la société de spectacle.

Nè à la fin du 18è siècle en Angleterre sous les pinceaux du peintre Robert Barker, l’approche occidentale du Panorama ne tardera pas avec l’essor de l’industrialisation a trouvé de nombreuses applications: militaire pour faire des relevés des futures conquêtes coloniales notamment en Afrique du Nord, géologiques pour les explorateurs ou encore spectaculaire avec le dépôt d’un brevet sur le procédé de représentation circulaire dès 1791 qui donnera naissance aux rotondes panoramiques, ces constructions (dont il existe encore quelques vestiges en Europe) offrant une vison à 360° sur un paysage peint ou un assemblage de photos et qui ne devront leur déclin qu’avec l’avènement du cinématographe.

Ce sont ces différentes applications qui sont présentés en 5 grandes sections non-chronologiques dans cette expositions décryptant le dispositif, le ses relevés, la construction du point de vue, son récit, ses substitut et enfin la position de l’homme face à celui-ci dont le courant romantique nous a donné de très nombreux exemples.

On découvrira ainsi avec bonheur l’usage qu’en fit la publicité, l’appropriation qu’en firent les artistes (Ah le mémorable super 8 de l’artiste Ben signant une ligne d’horizon comme œuvre d’art), les substrats de paysages confiant au plus kitsch  (les objets souvenirs) mais surtout, in fine, que le regard sur celui-ci orienté ou pas, n’est jamais innocent.