Quoi ? : Restaurant de viandes et coquillages
Où ? : 15 Cours Julien 13006 Marseille
Quand ? : Lundi et Mercredi, 19h30-00h00 / Mar, Jeu, Ven, Sam, 12h00-00h00
Combien ? : Entrées 7-14€ / Plats 22-23 €/ Desserts 6 €
Transport ? : Métro Notre Dame du Mont / Métro Noailles
Des Questions ? : 07 81 02 21 47
Un lien ? : Cliquez-ici

Ce repaire de gourmands à l’ambiance retour de chasse vous plonge dans le bouillon d’une cuisine française dont le cœur balance entre terre et mer.

Avec le nouveau repaire de Jérôme Benoît, le papa de « Mémé » (son premier restaurant, au boulevard Longchamp), l’arbre généalogique du bon coup de fourchette marseillais s’agrandit et prend du poil de la bête…

Assurément chez Pépé, on ne fait pas la fine bouche. L’univers semi-gastronomique du chef a été adapté pour satisfaire les appétits d’ogres, de trappeurs affamés, de bons vivants et de boucaniers assoiffés. Comme une impression de retour de chasse en effet, dans cet antre qui, somme toute, réussit le pari improbable de marier les esprits baroudeur et bourgeois. L’atmosphère feutrée, la vaisselle de porcelaine et autres objets champêtres (« Tiens, ce lièvre en course ! Ma grand-mère avait le même sur une de ses assiettes ! », « Oh, cette ceinture cartouchière en cuir, on dirait celle de papy !), les meubles chinés et le papier peint inspiré des scènes de chasse anglaise sortent de leur cadre ampoulé et obscur grâce aux tags et aux néons. Une atmosphère sombre qui conviendra mieux cependant aux dîners et apéros dînatoire qu’à la pause déjeuner…

Côté bouche d’ailleurs, là aussi, Pépé est un royaume où l’art de la cuisine à la française rencontre le plaisir de la barbaque, de la bidoche et du cassage de chicots, pour parler dans la langue du Jéjé (Barbu). Un repaire à consommer sans modération, qui s’adresse autant aux vieux viandus de la vieille qu’à ceux qui s’en battent le coquillard du gibier, lui préférant la chair iodée des crevettes, oursins, et autres huîtres proposés à la carte (ou peut-être encore à ceux qui apprécient le mix terre-mer, ambiance Sud-Ouest). Sur une carte très simple, les viandes reprennent les grands classiques : l’agneau de Lozère au jus d’ail, la côte de boeuf Aberdeen Angus, le veau au carré, le cochon de Dordogne, le vrai faux-filet (280grs !!)… Notre petit chouchou reste toutefois l’assiette du Pépé, pour les plus voraces : veau/agneau/bœuf et « jus de sa race », le tout parfait de petits légumes de saison, purée maison et salade de Mémé.

Enfin, bien sûr, vous aurez deviné que, dans le ventre de Pépé, le vin aussi a de la mâche : une carte des boissons courte mais réjouissante, avec un choix au verre de qualité, sélection pointue du rouge au blanc. En fin de festin, si pour certains « qu’importe la couleur, pourvu qu’on ait l’ivresse » : qu’ils se déportent les yeux fermés sur le fromage (marié au pain Maison Saint-Honoré) ou bien s’attaquent illico aux desserts maison à l’annonce (Paris-Brest, tarte aux fraises fraîches…).

 

Le Petit Plus : décalage qui se retrouve aussi en levant le nez de l’assiette : les portraits des aïeux aux murs, dont les cadres dorés côtoient de courtes citations humoristiques d’un graphisme très moderne, esprit bande-dessinée.

 

C.E.